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Tifi : une vente-signature réussie pour Saïka Céus


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22 Décembre 2017

Tifi, roman d’expression créole, de la lauréate du prix littéraire Henri Deschamps 2017 Saïka Céus. L’auteure a fait la vente signature de son œuvre à l’hôtel Royal Oasis ce jeudi 21 décembre.



En effet, la Fondation Lucienne Deschamps a lancé le 17 avril, la 42ème Édition du Prix littéraire Henri Deschamps 2017. À ce propos, ce concours est ouvert à tous les haïtiens, que vous soyez écrivain en herbe ou non, francophone et/ou créolophone résidant au pays ou à l’étranger. Le droit de participation est gratuit et ouvert à tous les auteurs des deux sexes qu’ils résident en Haïti ou à l’étranger. Au terme d’un jury bien monté de plumes aguerries de la littérature haïtienne, la grande gagnante était connue : Saïka Céus !

Tifi : un titre accrocheur

Il était 16 heures. La petite équipe de la Maison Henri Deschamps était déjà présente pour faire les mises en place : banner, nappes au logo de la dite maison d’édition, stock de livres. Tout était prêt. Quelques temps après, je la vois défiler dans sa robe marron caramel dans un déhanché parfait. Sourire aux lèvres, d’une beauté dont ne tarissent d’éloges même les femmes, elle salue des amis qui étaient déjà présents pour la soutenir. Elle s’installe. Malgré les invitations lancées au préalable aux médias, très peu de journalistes culturels ont répondu à l’invitation. Ses amis, des connaissances, des résidents de l’hôtel se ruent à notre table.


Tifi ? De quoi parle le livre? se demandent certains. En fait, ils ont voulu lire le résumé du livre.

Personnellement, je me suis vite procuré mon exemplaire. Premièrement, des livres d’expression créole avec un tel aura, on n’en trouve pas tous les jours.

Effectivement, le titre interpelle. Je vous dis pourquoi. Dans la conscience linguistique haïtienne, Tifi designe plusieurs réalités. Comme on dit, c’est le ton qui fait la chanson. Tifi peut désigner la virginité. À juste titre, le roman traite de viol. Dans un sens péjoratif, Tifi designe les filles en domesticité.

Appellez une jeune fille Tifi et vous entendrez qu’elle vous rétorque :

– Hey ! Tifi se kay madanm sa rete !

Tifi designe toutes ces jeunes filles qui subissent le poids de toutes les violences, physique, morale et même sexuelle. À priori, on aura beau élevé la voix. Toutefois, le combat est loin d’être gagné en Haïti. Mais, Saïka est de celles et ceux qui ne veulent pas être complice d’un silence assassin.

Tout carrément, Tifi me fait penser à Le Petite Chose d’Alphonse Daudet. Ces pauvres déshéritées qu’on s’amuse à martyriser.

Tifi, une œuvre qui bannit la langue de bois

Tifi nous plonge aussi dans un espace spatiotemporel réel. Une fiction aux zébrures de la triste réalité du pays en dehors (le monde rural).

Pourquoi avoir choisi d’écrire dans la langue de Trouillot quand on s’exprime aussi bien dans la langue française ?

Quand on traite d’un sujet qui touche l’âme du peuple, on s’exprime dans la langue de son cœur.

Des lecteurs haïtiens du temps où l’on n’enseignait pas le créole à l’école se sont montrés réticents du temps fou que ça va leur prendre pour lire l’ouvrage. Je le dirai toujours : le français reste un stigmate pour mon peuple…

Par choix personnel, Saïka a voulu faire une plaidoirie du créole haïtien comme elle le fait toujours.

Déjà annoncée comme best seller des prix littéraires Deschamps avec plus de 180 exemplaires vendus et signés, une version française de l’ouvrage aurait-elle le même succès ? À suivre ! Le livre est déjà chez les libraires.

CREDIT http://infrarouge.mondoblog.org


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