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Vacances d’été : un parc sportif improvisé sur la place Dessalines


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26 Juillet 2016

Plusieurs centaines de jeunes font du sport tous les matins, depuis le début des vacances d’été, sur la place Jean-Jacques Dessalines au Champ-de-Mars. Se réunissant en petits ou grands groupes, ils exploitent cette surface pour pratiquer, pendant environ trois heures, plusieurs disciplines telles : les exercices musculaires, le football ou le volley-ball. D’autres, solitaires, font du jogging ou du vélo dans les alentours.



Vacances d’été : un parc sportif improvisé sur la place Dessalines

Venus de quartiers avoisinants tels Bel-Air, Carrefour Feuilles et Centre-ville ou encore de secteurs moins proches comme Delmas, Pétion-Ville et Canapé-Vert, ces jeunes n’acceptent plus de s’ennuyer chez eux au lever du soleil. Ils choisissent tel ou tel sport en fonction de leurs goûts ou de leurs besoins. La majorité des filles ont apparemment un penchant pour les exercices musculaires, le jogging alors que beaucoup de garçons ne se séparent pas de leurs ballons.

Le groupe le plus nombreux est, sans doute, celui de la musculation. Il y a des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants. Tout se fait sous le contrôle d’un moniteur qui, un jour, a offert ses services aux jeunes et qui ne passe pas un jour sans eux depuis. Jean Jacques Joseph, un entraineur pratiquant plusieurs disciplines sportives. Il dit constater que l’engouement pour les sports est exceptionnel cet été, indiquant que son groupe réunit des centaines et parfois environ un millier de personnes. Entre lui et son groupe, le courant passe sans la moindre coupure. Ses instructions sont suivies à la lettre malgré la rudesse de certains exercices, on dirait un vrai club de sports.

Jacky, comme on l’appelle affectueusement, se base sur les réactions des participants pour soutenir qu’il y a un réel besoin chez les jeunes de brûler les graisses et d’avoir une morphologie plus élégante. « Nous pratiquons des mouvements divers et cela les aide à perdre du poids », déclare-t-il, tout en se réjouissant de l'énorme élan de solidarité et de convivialité qui se dégage grâce à ce mouvement.

 Les motivations des jeunes sont diverses. Brûler des calories supplémentaires, vaincre l’ennui ou se distraire, combler des désirs. Bérine Alexis, une adolescente qui habite la rue Saint-Martin retrouve tous les matins ses camarades de sport, car elle tient à avoir des hanches plus généreuses et des cuisses musclées. Elle croit qu’elle y arrivera grâce aux exercices qu’elle pratique. Son amie, Fabienne Jupiter,  affirme qu’elle avait des difficultés respiratoires au point qu’elle s’essoufflait au moindre effort, maintenant elle confesse que son état s’est amélioré au bout de deux semaines.

Dragues, retrouvailles et nouveaux amis

Au-delà des exercices physiques, de nombreux jeunes sont fascinés par des occasions auxquelles ils ne s’attendaient pas forcément. Ainsi, après les sports ils sont nombreux à rester un peu pour se lier connaissance,  bavarder ou écouter de la musique ensemble. Médjine Colon, 16 ans,  confie qu’elle ne vient plus uniquement pour faire du sport, car, en plus de ses camarades qu’elle a revus,  elle s’est fait de nouveaux amis qu’elle a le plaisir de voir chaque jour.

Certains sont seulement attirés par la foule. Plusieurs jeunes gens ne portent pas de tenue de sport. Ils s’assoient pour regarder, faire des commentaires et parfois des moqueries. Leur véritable objectif est de draguer. Jean Denis vient de Pétion-Ville parce qu’il espère faire une conquête et il ne doute pas que certaines jeunes filles ont cette même motivation.

Une demande pour les infrastructures sportives ?

En dehors du Champ-de-Mars, de nombreux jeunes font du sport sur des places publiques, qui lors de leur récente rénovation, ont été dotées d’équipements appropriés. C’est le cas à Canapé-Vert et à Pétion-Ville (Place Boyer) et au Centre-ville de Port-au-Prince (Place Sainte Anne). Il devient courant de voir, à toute heure du jour, de nombreuses personnes en train de faire du sport sans aucune orientation.

La capitale haïtienne ne compte que de rares centres publics où les jeunes peuvent faire du sport et se récréer sainement. Ce qui fait naitre un marché assez florissant pour les gyms privés fréquentés seulement par ceux qui ont les moyens de payer les frais exigés.

Préoccupés par la dépravation morale qui affecte la jeunesse haïtienne, plusieurs secteurs de la vie nationale ne cessent de plaider en faveur d’une politique publique qui encourage les loisirs sains.

Kendi Zidor
Le National



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