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TiCorn: Allemande en dehors, haïtienne en dedans...


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12 Août 2015

«Est-ce que je me considère comme allemande ou haïtienne? Pour moi, ce n'est pas une question. Mon âme et mon art sont haïtiens. C'est simplement que je n'ai pas le bon emballage!»



Née en Haïti de parents allemands, TiCorn, sorte de Joan Baez haïtienne, reste fidèle au folk. PHOTO FOURNIE PAR HAÏTI EN FOLIE
Née en Haïti de parents allemands, TiCorn, sorte de Joan Baez haïtienne, reste fidèle au folk. PHOTO FOURNIE PAR HAÏTI EN FOLIE

Cornelia Shütt, alias TiCorn, est décidément un drôle d'oiseau. Née en Haïti de parents allemands, cette chanteuse haïtienne 100% blanche se dévoue corps et coeur à la défense du patrimoine haïtien depuis l'âge de 12 ans. Elle chante en créole (surtout) et en anglais (parfois) des classiques du folk local et compose ses propres chansons en s'inspirant des rythmes kongo et janvalou, comme si le sang vaudou coulait dans ses veines.

 

 

 

 

Les Haïtiens l'ont adoptée tout de suite. Son premier disque, paru en 1978, a joué régulièrement à la radio. Et certaines de ses compositions, comme Colibri, sont devenues des incontournables du folk haïtien.

 

Visiblement, sa couleur de peau ne fut jamais un obstacle. Au contraire. «Quand mon album est sorti et que j'ai donné mes premiers concerts, les gens étaient étonnés de voir que j'étais blanche, dit celle qui se produira dimanche au Théâtre Télus, dans le cadre du festival Haïti en folie. Mais ça ne les a jamais dérangés. Dans un sens, ils étaient contents et fiers que je chante leur culture.»

 

En 30 ans, cette Joan Baez haïtienne aura écrit une cinquantaine de chansons, réparties sur une demi-douzaine de microsillons. Mais sa carrière, plutôt discrète, ne fut jamais celle d'une vedette pop. Si, de son propre aveu, la musique folk «ne tourne pas assez à la radio haïtienne», elle n'a jamais voulu se compromettre et tomber dans le piège du konpa commercial. Pas son truc.

 

TiCorn s'est éloignée du métier au milieu des années 90, ne donnant pratiquement plus de spectacles. Vivant avec son mari entre l'Espagne et l'Allemagne, elle s'était même recyclée dans la distribution d'encens japonais.

 

Revenue à la chanson depuis 2007, la folkeuse a réalisé qu'on ne l'avait pas oubliée. Non seulement lui rendait-on hommage sur YouTube, mais des artistes pas folk du tout s'étaient mis à échantillonner ses chansons! Ça lui a donné envie de s'y remettre plus sérieusement: en 2009, elle a enregistré un nouvel album (Cap Haïtien), réédité tous ses vieux microsillons en format numérique et mis la totalité de son oeuvre sur iTunes.

 

Depuis le tremblement de terre en Haïti, TiCorn a encore plus de travail. Ne lui reste plus qu'à retourner au pays de sa jeunesse, où elle n'a pas mis les pieds depuis 15 ans... Et à Montréal, où elle n'a pas joué depuis deux décennies.

 

Pour l'Eksperyans

 

Organisé par l'équipe du festival du film black de Montréal, le quatrième festival Haïti en folie «s'écartille» de ce soir à dimanche entre le Théâtre Telus (pour les spectacles payants) et le parc LaFontaine (pour les films, la bouffe et les spectacles gratuits).

 

Avec les Week-ends du monde qui sont finis, et en l'absence du défunt festival de musique haïtienne du parc Jean-Drapeau, Haïti en folie est votre meilleur ticket pour la Perle des Antilles.

 

Haïti en folie, du 21 au 25 juillet. Infos: www.haitienfolie.com. TiCorn en concert avec le poète Jean-Claude Martineau, au Théâtre Telus, dimanche 19h. www.TiCorn.com



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