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Pourquoi être médecin en Haïti ?


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17 Mai 2016

Servir le pays paraît n’avoir rien d’encourageant. Sauf si on est parlementaire, ministre, directeur général... A ce moment, il ne s’agirait pas de servir, mais de piller (il y a des exceptions bien sûr). C’est d’ailleurs la pratique la plus courante dans ce Pays, où la population aspire vainement à un mieux-être. Ceux qui rendent service à la population sont rarement honorés. C’est la règle générale en Haïti. Comble de paradoxe !



Credit: Le Nouvellsite
Credit: Le Nouvellsite
Selon l’OMS, avec en moyenne 5,9 médecins ou infirmières pour 10 000 habitants et 6,5 professionnels de santé pour 10 000 habitants, des pays comme Haïti sont loin d’être comptés parmi ceux qui respectent la norme minimale de 25 professionnels pour 10 000 habitants. Le Pays compte aujourd’hui plus de 10 000 000 d’habitants. Cette situation viole le droit de chaque haïtien d’avoir accès aux soins de santé. Un droit garanti par la constitution Haïtienne et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. En Haïti, les dirigeants semblent perdre le sens de la valorisation des humains et du service impayable. Les gens du peuple sont traités comme des bêtes. La situation des médecins résidents peut en témoigner.

SOS en faveur des médecins résidents et internes

Après six années d’études, ceux qui tentent de sauver des vies méritent d’être secourus. Ils évoluent dans des conditions infrahumaines, notamment à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, HUEH. Espaces insalubres, manque de matériels et d'équipements, de médicaments, dortoir insuffisant, odeur pestilentielle… En gros, l'espace n’est pas digne d’un centre hospitalier, encore moins de celui de l’État. Et c’est dans ces conditions que des étudiants en médecine et des médecins, qui auraient pu aller évoluer ailleurs, desservent la population. Ces médecins et autres professionnels de la santé ne font que respecter leur part du contrat, le service social. Et l’Etat, en contrepartie, devait leur fournir tous les moyens pour accomplir leur devoir. D’ailleurs, ils ont fait le serment d’Hippocrate et de Florence Nightingale. Ce qui les contraint de tout faire pour sauver des vies. Même si ce n’est pas toujours les cas.
Nous sommes en 2016. Que peut faire un médecin ou n’importe quel autre professionnel avec des salaires mensuels de 3500 gourdes et de 7000 gourdes ? Les jeunes, considérés comme l’avenir du pays, sont maltraités par ceux qui devaient être leurs mentors. Donc, très difficile pour eux d’émerger en Haïti, c’est le maintien du statu quo.

Le paradoxe

Au parlement haïtien, par exemple, députés et sénateurs vivent au frais de la pauvre et misérable princesse. Les poches toujours remplis des sous de projets communautaires non réalisés, ils se contentent d’arpenter les couloirs des ministères et du palais National. Ils passent outre leur fonction de législateur.
Depuis leur entrée en fonction, très contestée, ils peinent à organiser des séances de travail. En clair, la majorité d'entre eux sont payés pour détruire les structures de l’État, corrompre jeunes et vieux, et pour travailler à enliser davantage la population dans la boue de la misère. On ne pouvait pas espérer mieux, quand certains ont acheté leur siège à la boutique du CEP. Alors que, les médecins résidents et internes, ceux qui tentent de réparer les dégâts des politiciens et parlementaires causés sur la population, sont traités en parent pauvre.
 

Fanel Delva
www.taptapmag.com



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