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Pour rendre hommage au samba Azor


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21 Juillet 2015



Les 18 et 19 juillet, le ministère de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec la direction de la plage publique située dans la commune de l’Arcahaie au Nord de Port-au-Prince, a commémoré grandement la quatrième année de la mort du tambourineur Lenord Fortuné plus connu sous le nom de Azor.

Une commémoration mal organisée par manque de préparation et de planification. Les groupes appelés à jouer le premier jour, étaient sur place mais n’ont pas pu monter sur scène.

Augustine Massena, la femme de Azor, sa fille Viergine ainsi que d’autres membres de la famille se sont plaints de l’organisation qui laisse à désirer. Elles n’ont pas pu exposer les trophées, les coupes gagnées au Japon par Azor.

Il y avait aussi ses tambours, six (6), son boubou, ses chemises, ses pantalons et ses chaussures qu’il avait l’habitude de porter sur scène.

Comme Ti Roro (Raymond Baillergeau), un excellent tambourineur décédé, Azor mérite un buste pour son travail avec son groupe Racine Mapou dans le rythme vodou et la culture haïtienne en général. « Nous devons penser à la génération future qui aura le droit de savoir qui était Azor », déclare la fille du tambourineur.

Depuis sa tombe, Azor aimerait qu’on lui rende un hommage avec des bustes que des responsables pourraient déposer dans les lieux publics au Champ de Mars, au Cap-Haitien et bien sûr, à Saut-d’Eau. Selon Viergine, le tambourineur a passé le message à un prêtre catholique dont il n’a pas voulu citer le nom, ainsi qu’à sa femme Augustine.

Celle-ci et sa fille ont entrepris des démarches auprès du ministère de la Culture qui n’a pas répondu à leur appel.

« Azor et Racine Mapou ont toujours fait vibrer le parcours carnavalesque. Depuis sa mort, je constate que les groupes racine n’ont plus de valeur. Si j’étais responsable de l’organisation du carnaval, à chaque défilé, j’inviterais un groupe (racine) avec une photo de Azor sur le char afin de lui rendre un hommage bien mérité », estime Viergine Fortuné.

Elle a saisi l’occasion pour apporter quelques précisions sur la vie de son père. Viergine a précisé que celui-ci était un adepte du vaudou mais non un disciple du diable comme veulent le faire croire certaines personnes. Durant ses voyages à travers le monde, Azor a montré à l’étranger la culture haïtienne.

« Chaque pays a  sa culture ; être au service des dieux du vaudou ne veut pas dire pour autant servir le mal ou le diable, exécuter des morceaux de racine ne signifie pas nécessairement répondre aux exigences du diable. À la Jamaïque, il y a le reggae que les Jamaïcains vulgarisent partout où ils passent », explique la jeune fille.

Si chaque année, le tambourineur donnait rendez-vous à ses milliers de fans à Saut-d’Eau, c’est parce qu’il avait un « engagement » avec la Vierge Miracle.

Selon Viergine, le couple Azor Fortuné avait des difficultés à enfanter après son mariage. Il a tout essayé conformément à la culture vaudouesque haïtienne, mais en vain.

« Un soir ma mère a vu une dame apparaitre dans son sommeil et lui dire : prends ce gallon d’eau, tu seras enceinte, avant d’accoucher de ton bébé, lave ton ventre. Je m’appelle Vierge Miracle de Saut-d’Eau », a expliqué l’unique fille de Azor et ce dernier avait promis à Notre Dame du Mont-Carmel de venir chaque année jouer pour l’honorer de cette faveur jusqu’à sa mort.

Viergine au nom de la famille, a remercié tous ceux qui ont pris cette initiative, après quatre (4) ans, de commémorer la mort de Lenord (Azor) Fortuné, « parce que nous avons toujours tendance à oublier nos morts, surtout ce gouvernement qui n’a rien fait pour lui. On a oublié Azor au carnaval, on ne lui a jamais rendu hommage à un quelconque défilé carnavalesque depuis après sa mort, c’est comme si il n’avait eu  aucune valeur », déclare sa fille.

Par Walcam



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