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Pòtoprens au cinéma à Paris


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1 Août 2015



L’acteur-réalisateur français François Marthouret.
L’acteur-réalisateur français François Marthouret.

Il est rare qu’une fiction soit tournée à Port-au-Prince. Port-au-Prince, dimanche 4 janvier de François Marthouret fait partie de ces raretés. Adapté d’un roman de Lyonel Trouillot, Bicentenaire, le film narre l’histoire de deux frères, Lucien (Emmanuel Vilsaint), étudiant en philosophie, et Little Joe (James Star Pierre) qui a arrêté ses études et se rêve en bandit, le 4 janvier 2004, à la fois jour de la célébration du bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti et moment choisi par les étudiants de la capitale pour aller manifester pour le départ du « prophète », le  président de l’époque, Jean-Bertrand Aristide.

 

Théâtralité

 

L’acteur-réalisateur français François Marthouret a choisi de rester proche du texte de Lyonel Trouillot pour ses dialogues, et cela s’en ressent. Il y a comme une certaine théâtralité qui se dégage du film, avec, souvent, ces envolées poétiques, qui font la patte de l’écrivain haïtien. Des dialogues qui s’articulent aussi avec des moments de silence, moments de respiration du film, qui correspondent aussi aux différents trajets des personnages, que ce soit en 4×4, à pied, ou en taptap.

 

Silence

 

Des moments de silence qui mettent aussi en évidence la beauté d’une ville, Port-au- Prince. Dans la manière dont il filme les bidonvilles, le centre ou le port de la capitale haïtienne, on sent que François Marthouret s’est pris de passion pour cette ville et ce pays qu’il ne connaissait pas puisqu’il n’y était jamais venu. À chaque plan, chaque scène, chaque séquence, le réalisateur laisse promener sa caméra vers de petits détails : là une poule, ici un cochon attaché à sa mangeoire, plus loin un étal de bouteilles de Prestige.

 

Lucien et Little Joe

 

Au fond, les évènements du 4 janvier 2004 sont presque secondaires. Même s’ils irriguent tout le film et que le réalisateur a choisi d’utiliser des images d’archives pour mieux représenter la violence de la répression de la manifestation étudiante, ce qui se joue vraiment, c’est la dualité des deux frères, Lucien et Little Joe. L’un qui a compris qu’il ne pourra s’en sortir que par le savoir et les lettres, l’autre, perdu, qui se réfugie dans la violence, recruté par les chimères pour aller casser de « l’étudiant ». Une dualité qui mènera au drame, sans vouloir révéler le fin mot de l’histoire, une rivalité presque biblique, le réalisateur lui-même la comparant d’ailleurs au mythe de Caïn et Abel. Oui, c’est cette rivalité qui fait l’essence d’un film amoureux de son sujet, amoureux d’un pays dont il a compris toute la vivacité, la passion, malgré les malheurs qui ont pu subvenir au cours des deux siècles qui le séparent de l’Indépendance.

Par Samuel Chalom
Le National



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