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Nouveaux marchés publics à Port-au-Prince


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25 Juin 2015

De nos jours, à Port-au-Prince, les trottoirs sont de plus en plus occupés par de petits commerçants. Il semble que ceux-ci préfèrent bien la rue que les marchés. Ou peut-être, ils n’ont pas le choix et sont obligés de faire des trottoirs leur lieu de vente de prédilection. L’on est sûr au moins d’une chose : les trottoirs sont devenus désormais de tous nouveaux marchés publics à Port-au-Prince.



Trottoirs, marchés publics : en voilà deux lieux à Port-au-Prince, désormais, qui se rapprochent graduellement de sorte que l’un peut être substitué à l’autre. Et pourtant, au départ, ces deux vocables n’ont apparemment aucune contiguïté, aucun sens commun. Traditionnellement l’on  va au marché pour faire des achats. Le trottoir est en revanche fait pour les piétons. Pas pour le petit commerce ou autres. Un étudiant qui passe fréquemment près du stade Sylvio Cator, lieu de notre investigation, partage ses préoccupations : « un simple oubli de soi, d’au moins 30 secondes, suffit pour causer la mort de quelqu’un à travers les rues ». Il a justifié cela par le fait que les chauffeurs conduisent avec beaucoup d’imprudence, et surtout les « taxi moto » qui n’ont aucun souci pour les piétons. « Sur les trottoirs, on n’est même pas à l’abri,  que dire si l’on marche au milieu même des rues ? », s’interroge le futur cadre. « Mais il y aurait une quelconque raison portant les gens à vendre sur les trottoirs ».

Une femme tient devant elle une brouette remplie de gazeuses et de sachets d’eau. C’est la première à nous parler  mais elle veut garder l’anonymat. « Avant, je vendais dans un marché moi », a-t-elle lâché. Mais pourquoi elle aurait quitté le marché pour venir sur ces trottoirs ? Elle répond : « quand on a une place au marché, on doit s’attendre à tout moment à un « coup de poudre », mais ici il n’y a pas ça ». Voilà pourquoi cette jeune femme vend dans les rues, près du stade Sylvio Cator. Mais selon un autre commerçant qui vend des appareils électroniques, la raison de sa présence sur le trottoir est bien simple : « les places sont trop chères dans les marchés ». « Alors qu’ici on ne paie rien », ajoute-t-il. « Lajan bank paka fè tout bagay sa yo », a lancé une femme qui vend des fripes. « Et d’ailleurs, ajoute-t-elle, il est plus facile de vendre ici ».

Ils subissent toute sorte de tortures sur les trottoirs. « Les policiers nous bastonnent souvent ici », a déclaré l’un de ces commerçants. Parfois, ils emportent tout ce dont nous possédons. Pour récupérer nos marchandises, nous devons nous rendre à la Mairie  qui réclame une somme en guise de pénalité. « Mais ils n’ont pas à nous battre, il faut penser à nous donner un autre espace », martèle une jeune fille vendeuse de produits cosmétiques. Ces petits détaillants se disent prêts à quitter les trottoirs  connaissant d’ailleurs le danger  qu’ils encourent.

Mais pour l’instant ils sont là. Ils vendent tout sur ces trottoirs : produits cosmétiques, appareils électroniques, fripes, chaussures, sous-vêtements, boissons… il y a une « croix des bossales » qui se dessine sur les trottoirs à Port-au-Prince avec tous ses dangers. Cette « croix des bossales », près de l’unique stade du pays, est déjà un fait qui doit retenir l’attention de tout un chacun.



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