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« Nègès mawon », un premier festival féministe en Haïti


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15 Juillet 2016

Se tiendra à Port-au-Prince, du 18 juillet au 24 juillet, « Nègès Mawon », un festival organisé par des femmes évoluant dans le milieu culturel haïtien. Tenu autour du thème : « Feminis ? Poukisa ? » L’évènement est conduit par Lucia Dominique Pascale Solages. Entretien.



« Nègès mawon », un premier festival féministe en Haïti

Le National : Pourquoi un Festival Nègès Mawon ?

 

Lucia Dominique Pascale Solages : Nègès Mawon est le nom de l’organisation féministe qui porte le projet du premier festival féministe en Haïti. Ce festival féministe est pour nous un moyen de continuer notre plaidoyer en utilisant l’art et la culture. En faisant de nos artistes, nos porte-voix et en mettant sur pied un ensemble d’activités qui permettent d’alimenter les réflexions, de porter les questions et de partager les analyses sur les enjeux d’un combat féministe aujourd’hui en Haïti. Nègès Mawon pour utiliser le « nèg mawon » qui est porteur du symbole de lutte, de résistance pour signifier cette révolte, contribue à créer et/ou renforcer les rapports inéquitables entre les femmes et les hommes dans cette société où l’absence de dialogue et de « vivre et construire ensemble » sur un pied d’égalité ne fait que contribuer au profond déséquilibre social qui nous ronge à tous les niveaux de la société.

 

LN : Parlez-nous du contenu d’un tel festival ?

 

LDPS : Ce festival organisé sur une semaine compte trois conférences, deux ateliers, quatre spectacles, une causerie (qui réunira uniquement des hommes), une marche artistique, des projections, une exposition de peinture et de photographie. Une cinquantaine d’artistes, d’intervenant-e-s dont trois qui nous viennent de l’étranger plus précisément du Nigéria et des États-Unis.

 

LN : Quelles sont les personnalités importantes à l’honneur dans ce festival ?

 

LDPS : Nous avons une palette de personnalités comme Myrlande Manigat, Adeline Chancy, Esther Sincimat  et Marie Alice Théard qui participeront aux conférences, à côté de jeunes féministes comme Natacha Clergé, Sabine Lamour. Nos invitées qui viennent de l’étranger : Favianna Rodriguez, Amina Doherty et Sokari Ekine. Et particulièrement tous les artistes qui participeront à cette activité seront nos invité-e-s d’honneur. Je partage cette initiative avec des personnes importantes qui forment le comité central du festival : Souzen Joseph, Sandra Jean-Gilles, Jemima Augustin, Gaëlle Bien-Aimé et Edine Célestin.

 

LN : Le thème de cette année : « Feminis ? Poukisa ? », renvoie à quoi ?

 

LDPS : Le thème renvoie à cette nécessité de se remettre en question et de remettre en question nos rapports avec ceux et celles qui nous entourent. Qu’est-ce qu’être féministe aujourd’hui en Haïti et aussi comment développer une identité féminine avec ou sans le féminisme en Haïti ? Pourquoi s’engager, se « réengager » ou se désengager d’une telle dynamique, quels sont les enjeux contemporains du mouvement féministe dans le grand mouvement social et politique pour l’émancipation sociale, économique et politique de la femme haïtienne ? Nous lançons un débat avec cette question et pour tenter de nourrir la réflexion, avec l’intervention de personnalités très différentes par rapport à leurs relations au féminisme haïtien. Comment le mouvement féministe aujourd’hui pourrait adapter son langage, son message, son plaidoyer par rapport au contexte actuel ?

 

Le National : Faites-nous un état des lieux du mouvement féministe ici, en Haïti ?

 

Lucia Dominique Pascale Solages : Je ne vais pas réellement faire un état des lieux du mouvement féministe ici en Haïti, mais il est évident qu’une nouvelle génération de féministes essaie de contribuer au travail incommensurable déjà réalisé par les féministes en Haïti depuis plusieurs décennies. Cette génération essaie d’apporter une nouvelle parole émancipatrice, de nouveaux schèmes de pensée féministe, de militance, d’actions, de nouvelles alliances à explorer, de nouveaux discours à faire émerger au nom de la construction d’une société plus juste et égalitaire.

Propos recueillis par :

Jean Emmanuel Jacquet



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