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MON CORPS DE FEMME DÉNONCE ET S’OPPOSE


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29 Janvier 2016



Je m’appelle Sophie. Je suis animatrice de télé. J’entretenais une relation sentimentale idyllique avec mon petit ami. C’était la belle vie. Tout était parfait, comme dans un conte de fée, jusqu’au jour où j’ai débuté avec ma carrière d’animatrice. Il commença alors à me frapper. Au début, j’ai cru que c’était juste par jalousie et que cela allait s’arrêter. Mais cela devenait de plus en plus insupportable. Parfois, je ne pouvais pas me rendre à l’émission tellement j’avais les yeux enflés et des bleus partout. Contre mon gré, je mentais à mes supérieurs, prétextant que j’avais un parent malade. A la souffrance corporelle et aux cicatrices, s’ajoutaient des injures, des blessures morales et psychoaffectives. Après m’avoir roué de coups et mutilé le corps, il me forçait à avoir des relations sexuelles avec lui. Après chaque fessée, chaque outrage à ma dignité, il venait à moi et s’excusait. Il accusait sa peur de me perdre et moi, incrédule et amoureuse, je lui redonnais ma confiance. J’acceptais ses excuses et espérais sa franche repentance. Je reprenais le boulot, maquillant mes meurtrissures, portant de longues tresses, cachant les marques sur mon corps sous de longs pantalons… Si on en venait à les découvrir, je mentais prétextant être tombée dans les escaliers. Un jour, il est venu me chercher au travail et, moi qui ne voulais pas que mes collègues soient au courant de ma situation, j’ai feint d’être contente de le voir. Sur le chemin du retour, il est passé se saouler à un bar non loin de chez lui. Une fois à la maison, il commença à me frapper violemment, puis il me déshabilla et me força à lui faire l’amour. Il a commencé par me pénétrer rageusement. C’était douloureux. Je criais à plein gosier. Il a mis sa main sur ma bouche pour étouffer mes cris… J’ai été violé par mon petit ami. Ma famille et mes amis n’étaient pas au courant de tout cela. Je faisais semblant que tout allait à merveille en leur présence. Je vivais chez mes parents, certes, mais ils travaillaient en province. J’étais isolée face à mon mal et mon bourreau. Apres mon viol, je suis monté, par hasard, sur la page de l’une de mes stars haïtiennes préférées. Elle y avait publié des photos de nombreuses victimes de mon genre. Je me souviens avoir vu Ginoue Mondésir, Régina et tant d’autres ; et là je me suis révoltée. Je me suis juré de ne plus me laisser faire. Je me suis dit que je suis à la fois victime et coupable de mon mal. Victime parce qu’aucune femme ne mérite de recevoir un traitement pareil et coupable parce que je n’ai jamais eu le courage de dénoncer mon bourreau. Combien de Sophie existent dans notre société? Accepterez-vous d’être la prochaine victime? Nous sommes nombreuses qui, sous la menace de leur bourreau, ne voulons pas dénoncer les violences que nous subissons. Certes, nous pouvons compter sur l’aide du ministère de la condition féminine et des organisations de défense des droits humains, mais c’est à nous de faire le premier pas : celui de dénoncer. Je suis contre la violence faite aux femmes et toi? Ensemble, luttons contre la violence faite aux femmes car personne ne sait qui sera la prochaine victime !


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