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Les vacances d'ete en Haiti


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25 Juin 2015



Les vacances d'ete en Haiti

Nos jeunes sont en vacances. À part ceux qui subissent les examens de la neuvième année fondamentale. Certains vont regagner leur lieu d’origine. D’autres vont rester dans le même environnement familier, salle de classe en moins. Ils n’auront pas à se réveiller aux premières lueurs de l’aube pour affronter la cohue d’un trajet toujours éprouvant pour aller à l’école.

Quelques parents, ils sont rares, auront la possibilité avec un soutien parfois de l’extérieur d’envoyer leurs rejetons à l’étranger. Mais la plupart des enfants resteront ici, en Haïti, dans un pays où rien n’a jamais été pensé pour offrir aux jeunes des activités de qualité.

Que de drames vivent les parents durant ces deux mois !

Il n’y a pas de salles de cinéma. Il y a très peu de bibliothèques et celles que nous possédons sont souvent mal pourvues. La vie théâtrale est presque inexistante. Le peu de places publiques que nous possédons est dans un état qui laisse à désirer, et on est gentil quand on l’écrit de cette manière. Il n’y a pas de parc où les jeunes pourraient aller s’asseoir, jouer, en toute sécurité.

Il existe un jardin botanique aux Cayes. Que l’État ignore. Le secteur privé également. Une initiative personnelle qu’on aurait dû pourtant encourager. Dans la métropole du Sud les jeunes iront-ils le visiter durant les grandes vacances ?

Il y a plein de sites intéressants dont nos jeunes pourraient profiter, et qu’ils pourraient découvrir durant cette période. Encore qu’il faudrait un environnement adéquat et une certaine planification. La plupart de ces sites, gérés de manière plus que minimale, pour ne pas dire pas du tout, ne sont nullement en mesure d’offrir un service d’accueil et de visites à des jeunes désireux vraiment de découvrir leur pays.

Il y aura bien sûr les jeux vidéo. Les films à regarder entre copains en DVD. Le chat sur le net va exploser. Les plus privilégiés iront dans quelques partys chez amis ou parents. Mais beaucoup de jeunes, surtout les plus défavorisés, seront happés par des activités malsaines, proches des ti sourit, qui trouvent curieusement des sponsors pour être organisés alors que des initiatives louables dans le secteur culturel ou sportif peinent à trouver le plus petit financement.

Les grandes vacances auraient dû être le moment de la grande vie culturelle, touristique et sportive. Il n’en sera rien à part la poudre jetée aux yeux par certaines instances étatiques, toujours prêtes à mettre de l’argent dans la rue et dans la foule sans se soucier de qualité.

Il y aura aussi un autre facteur et pas des moindres qui peut pourrir les grandes vacances. Les élections. Avec les campagnes qui vont sombrer certainement dans les médiocrités traditionnelles, l’horizon de nos jeunes risque d’être très pâle.



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