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Les deux ans du Centre culturel BelArt de Bel-Air


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30 Juillet 2015



Les deux ans du Centre culturel BelArt de Bel-Air

Par Schultz Laurent Junior

Après l’Opération Bagdad, mobilisation meurtrière déclenchée par les sympathisants lavalas pour protester contre la démission de Jean-Bertrand Aristide le 29 février 2004, les jeunes de Bel-Air, quartier considéré il y a déjà une décennie comme une zone de non-droit, ont décidé de se motiver sur d’autres objectifs. Ils ont créé, avec le support de l’USAID, le Centre culturel BelArt, une institution culturelle qui forme les jeunes dans les domaines de l’art.

Le 27 juillet 2015, le Centre culturel BelArt, situé à la rue des Pucelles au Bel-Air, a fêté de façon grandiose leur deuxième anniversaire. Des activités récréatives ont été organisées pour permettre aux jeunes de se divertir et de s’épanouir sainement. Foire artisanale, exposition d’œuvres picturales, spectacles de danses, représentation théâtrale constituaient le menu de ce programme festif. L’objectif de cette activité, selon Robinson Gabriel, l’un des responsables du Centre, « c’est de promouvoir non seulement l’art dans ce quartier mais aussi d’offrir une autre alternative aux jeunes à travers l’art en général. Depuis longtemps, le Bel-Air n’avait rien à offrir aux jeunes. La zone vivait  dans l’isolement et était peu fréquentable. Nous avons voulu donner d’autres perspectives aux Bélairiens »,  a-t-il déclaré  avec une certaine satisfaction.

Abondant dans le même sens, le peintre Roberto Gabriel, de son nom d’artiste Roga,  a affirmé « que le centre est né à partir d’un projet baptisé « chimin limyè ». Ce projet visait à combattre la violence dans la zone. Refusant les ténèbres du mal, ils ont opté pour la lumière de la création. Depuis la création du Centre, des jeunes ont suivi des cours de dessin, de peinture, de danse. Des ateliers d’écriture, et sur l’art de la récupération ont éveillé leur curiosité.  Actuellement l’on est en train  de préparer la deuxième édition de Miss Bel-Air et le camp d’été qui doit débuter le mercredi 5 août 2015 ». Peintre de l’abstraction et ayant étudié la peinture aux côtés de feu l’artiste Tiga,  Roberto Gabriel qui a exposé ses œuvres picturales dans des galeries à l’étranger,  pense que « l’art peut libérer un peuple des tentacules du mal ».

Ce centre culturel et artistique veut valoriser l’art. Toute une fresque représentant l’un des grands écrivains de notre littérature, Franckétienne, qui a  grandi dans ce quartier, embellit les murs. Un studio d’enregistrement est ouvert à tous pour des travaux de sonorisation. Dans une grande salle, plusieurs tableaux peints par des peintres naïfs et des artistes issus du mouvement Saint-Soleil Soisson la montagne et de l’École nationale des arts (Enarts) attirent les regards. Bourrés de talents pour la plupart, ces artistes peignent des scènes de genre, des natures mortes, des paysages. Certains excellent dans le symbolisme,  tandis que d’autres, à travers des poncifs bien sélectionnés, ont présenté des dessins sur le syncrétisme religieux. Sur certaines toiles apparemment bien travaillées, ils ont exprimé leur vision du monde, leur philosophie de la vie. Mais tout cela aide à rendre attrayant le cadre et à embellir les lieux.

Des sculptures sur bois, des bracelets, des pendentifs ravissent aussi l’œil. En visitant les lieux les spectateurs ne resteront pas indifférents. Le cinéaste Arnold antonin a déjà offert aux responsables vingt-deux films de sa création. Ils espèrent la visite de Franckétienne, le « Blanc » du Bel-Air pour des causeries enrichissantes. Roberto Gabriel espère, lui, que les nouveaux responsables haïtiens qui seront issus des prochaines élections encadreront les artistes.



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