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Le lait maternel, « premier vaccin des nouveau-nés », selon l’Unicef


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3 Août 2016

Le lait maternel est d’une importance vitale pour l’enfant, un nouveau-né devrait pouvoir en bénéficier dès la première heure de son existence et connaître sans le moindre délai le contact charnel avec sa mère. Tel est le message que le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) veut faire passer, à l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement, qui se tient jusqu’au 7 août.



Le lait maternel, « premier vaccin des nouveau-nés », selon l’Unicef
L’Unicef publie un rapport à partir d’un ensemble d’études réalisées sur les cinq continents, toutes en faveur de la tétée précoce. Elles montrent que près d’un enfant sur deux, soit 77 millions de bébés à travers le monde, n’est pas mis au sein assez rapidement. Le premier lait ou « colostrum » est très riche en nutriments et en anticorps. Les enfants allaités très rapidement ont de ce fait moins de risques d’être victimes de diarrhées, qui peuvent leur être fatales, et de pathologies respiratoires, en particulier dans les pays en voie de développement.
« Plus la mise au sein est tardive, plus le risque de mortalité augmente lors du premier mois de vie, au moment où l’enfant est le plus vulnérable aux maladies », notent les experts. Chaque minute compte. Le risque de mortalité du nourrisson augmenterait de 41 % lorsque la première tétée est repoussée de deux à vingt-trois heures, de 74 % au-delà de vingt-quatre heures.

« Question de vie ou de mort »
Les enjeux sanitaires sont considérables. En 2015, la moitié des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de 5 ans sont décédés au cours de leur première année. Un allaitement précoce peut être une « question de vie ou de mort », alertent les experts de l’Unicef.
« Si tous les bébés étaient uniquement nourris de lait maternel de leur naissance jusqu’à 6 mois, environ 800 000 vies seraient sauvées chaque année », estime France Beguin, experte en nutrition pour l’Unicef. « Le lait maternel est le premier vaccin des tout-petits. C’est la première et la meilleure façon de les protéger contre les infections et les maladies », rappelle-t-elle.
Sur la même ligne, l’Organisation mondiale de la santé préconise un allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant, puis partiel jusqu’à ses 2 ans. L’Unicef regrette pour sa part que moins de la moitié des petits soient encore au sein à cet âge, une proportion qui ne varie guère depuis 2000.
Le Fonds insiste sur les bienfaits à long terme de ce mode d’alimentation sur le développement cognitif de l’enfant, et même sur ses performances scolaires. Son plaidoyer en faveur de la tétée est sans restriction : celle-ci peut même concerner les mères séropositives pour le VIH, tout en donnant au bébé des traitements antirétroviraux. En guise d’argument supplémentaire, il avance un gain économique de plusieurs milliards de dollars par an.
Poids des traditions
L’allaitement, qui est inscrit sur la liste des Objectifs de développement durable de l’ONU, s’améliore depuis quinze ans, mais encore trop lentement. En Asie du Sud par exemple, où la tétée précoce est passée de 16 % dans les années 2000 à 45 % en 2015, 21 millions de nourrissons n’en bénéficient toujours pas.
Au niveau mondial, la mise au sein rapide est passée de 32 % dans les années 2000 à 45 % en 2015. Manifestement, des freins nombreux persistent, dans les pays développés comme dans ceux en voie de développement.


L’un des points d’achoppement tient au fait que « l’allaitement n’est pas seulement une affaire de femmes », affirment d’emblée les experts de l’ONU. Ils en déduisent donc que celles-ci devraient recevoir l’aide des gouvernements, des communautés, de leurs proches et des employeurs, mais sans détailler les mesures de soutien qui pourraient changer la donne. Ils reprochent surtout au personnel soignant de ne pas jouer suffisamment son rôle de conseil auprès des jeunes mères.
Le taux le plus faible concerne l’Afrique de l’Ouest et centrale, où près de la moitié des bébés échappent à une première tétée vitale
Le rapport souligne aussi le poids des traditions culturelles et familiales. Dans certaines parties du monde, les coutumes veulent que l’on donne d’abord au nouveau-né de l’eau sucrée, voire du thé, du beurre, du miel, du lait animal… Il arrive même que le colostrum soit considéré comme dangereux et jeté. Les auteurs épinglent au passage l’offensive des producteurs du lait de substitution, qui tend à transformer la perception de l’alimentation des bébés dans les pays en développement.
L’allaitement est d’ailleurs « une des rares questions de santé publique dont les tendances sont plus positives dans les pays en voie de développement que dans les pays riches », estiment-ils. C’est en Afrique de l’Est et australe que la mise au sein est la plus rapide, avec 59 % des bébés allaités dès la première heure, contre 55 % pour l’Union européenne. Cependant, le taux le plus faible concerne l’Afrique de l’Ouest et centrale, où près de la moitié des bébés échappent à cette première tétée vitale.


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