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Le blanchissement de la peau, un complexe d’infériorité?


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10 Septembre 2015

Les traumatismes passés -la colonisation et l’esclavage- se transposent encore aujourd’hui à travers la représentation de la beauté. Le plus souvent, les individus qui font recours au blanchissement de la peau sont inconscients, mal ou non informés sur l’utilisation des produits blanchissants.
Certains même ne se remettent pas en question sur les causes de cette pratique.



Les origines du blanchissement de la peau

Le blanchissement de la peau, un complexe d’infériorité?
Le blanchissement ou la dépigmentation de la peau est née dans les années 60 aux Etats-Unis dans la communauté noire. Le pouvoir du blanchissement de l’hydroquinone fut découvert sur des ouvriers travaillant dans le milieu du textile (fabrication de jeans) et du caoutchouc. On utilisait ce produit pour délaver les jeans et comme anti-oxydant sur le caoutchouc.
La peau noire qui contient beaucoup de mélanine est une peau hyperpigmentée.
L’utilisation des savons, gels et crèmes blanchissants à base d’hydroquinone vise donc à détruire cette mélanine et pose en outre la question d’identité sociale.
En 1952, Frantz Fanon –psychiatre et écrivain antillais- parlait déjà des industries qui commençaient à fabriquer des produits blanchissants : «Depuis quelques années, des laboratoires ont projeté de découvrir un sérum de dénégrification ; des laboratoires, le plus sérieusement du monde, ont rincé leurs éprouvettes, réglé leurs balances et entamé des recherches qui permettront aux malheureux nègres de se blanchir, et ainsi de ne plus supporter le poids de cette malédiction corporelle ».

Conséquences historiques de la colonisation

Au 20e siècle, en France, des compagnies de lessives lançaient des campagnes publicitaires qui dénigraient les Noirs. A cette époque, on vantait les propriétés blanchissantes du savon de la ménagère : « Elle blanchirait un nègre ! ». Au Québec, les blanchisseries utilisaient des slogans publicitaires comme : « blanchir un nègre n’est pas chose facile ».
La peau noire serait donc associée à la saleté et la peau blanche à la propreté.

 


Le blanchissement de la peau est aujourd’hui une pratique particulièrement répandue aux USA, en Afrique et en Europe. Les Sénégalaises appellent cela le « Xessal », les Camerounaises parlent de « maquillage », les Maliennes de « tcha-tcho » et les Congolaises de « Tchoko ».
Le propriétaire d’une boutique de cosmétiques pour Noirs mentionne que ce marché a attiré plusieurs multinationales spécialisées dans le cosmétique pour Blancs, comme l’Oréal Paris. Il y a quelques années, l’enseigne aurait acquis plusieurs compagnies de cosmétiques pour Noirs telle que Softsheen.Carson (Dark and Lovely).
On voit par exemple dans certaines campagnes publicitaires de la marque, où la chanteuse afro-américaine Beyoncé apparaît, -bien qu’elle soit mulâtre-, celle-ci apparaît « légérement » blanchie.

​Recherche et rejet identitaire

Les caractéristiques physiques sont les premiers éléments qui  composent l’identité d’une personne. En dépréciant la peau noire, « les Blancs » ont déclenché chez les Noirs un complexe d’infériorité.
La transformation corporelle traduit en effet une forme de rejet et un besoin d’acceptation sociale -le corps étant le symbole de l’identité qui renvoit une image de soi-. Le besoin de correspondre à des critères esthétiques définis par la société –modèle dominant : « les Blancs »- pourrait expliquer le désir du blanchissement de la peau.


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