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Le Créole Haitien


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4 Juin 2015



Le créole haïtien, en créole : kreyol ayisyen, est une langue créole parlée par 10 millions de personnes en Haïti   et environ 2 millions dans le reste du monde, surtout aux États-Unis. Le créole est à base lexicale française avec des influences de diverses langues ouest-africaines et centre-africaines comme le wolof, le fon  , l'éwé, le kikongo  , le yoruba et l'igbo  . Depuis 1987  , le créole haïtien est reconnu comme langue officielle   d'Haïti à côté du français, grâce à la mobilisation de nombreux écrivains et intellectuels haïtiens et de linguistes   tels que Pradel Pompilus   et Pierre Vernet  . Beaucoup de locuteurs sont bilingues et parlent créole et français. Son utilisation littéraire est anecdotique mais croissante,par contre la langue est utilisée dans les médias : les journaux et la radio.

On distingue trois variantes dialectales : le créole du Nord (incluant Cap-Haïtien  ), le créole du Centre (dont la capitale Port-au-Prince  ), et le créole du Sud. L'intercompréhension entre ces trois grandes variétés de créole haïtien demeure relativement aisée, malgré les différences phonétiques ou lexicales, d'autant que les habitants du pays parlent à la fois leur propre dialecte régional et celui de Port-au-Prince pour des raisons pratiques.

En Haïti, 80 % des habitants ne parlent que le créole. Par conséquent, environ 18 % des Haïtiens parlent le créole et le français (à divers degrés). Certains habitants viennent de la République Dominicaine et parlent l'espagnol ou l'anglais. Il y a un tout petit nombre de travailleurs immigrants d'origine arabe et chinoise. Cela étant dit, le créole demeure la langue qui permet à tous les Haïtiens de se comprendre entre eux. C'est ce constat qi permettait au linguiste et grammairien haïtien Pradel Pompilus (1914-2000) d'affirmer en 1973, dansContribution à l’étude comparée du créole et du français à partir du créole haïtien: «Le français n’est pas notre langue maternelle; la langue de notre vie affective, la langue de notre vie profonde, la langue de notre vie pratique, pour la plupart d’entre nous, c’est le créole, idiome à la fois très proche et très éloigné du français.» De fait, le créole haïtien est une langue très vivante, qui possède une orthographe fixée depuis la fin des années soixante-dix. De plus en plus d'écrivains en font un usage courant. Dans les écoles, il existe des manuels en créole et les élèves subissent des examens en créole.



Durant plusieurs décennies, la direction scolaire pouvait instaurer un «système de jetons» en guise de renforcement. Au cours de la récréation, un enseignant donnait un jeton aux élèves qui «s'oubliaient» en parlant créole et, après la récréation, ceux-ci étaient punis. De même, au cours du XIXe siècle et durant une partie du XXe, les petits élèves bretons de France, qui étaient surpris à «parler breton», devaient porter un bonnet d'âne en guise de punition. Dans d'autres régions de France, il y eut le sabot de bois à porter au cou, une ardoise à porter au cou («Je parle breton») ou un objet quelconque destiné à faire exclure de l'école toute autre langue que le français, quand ce n'était pas pour attirer les moqueries sur l'élève qui n'appliquait pas le règlement du type «Interdit de cracher par terre ou de parler breton». On trouvera ICI (voir le document  ) un petit texte (en créole et en français) du Département haïtien de l'éducation qui, pour conter enfin ce préjugé, invitait l'école à valoriser le créole.
Le créole a un écriture, mais elle n'a pas été officialisée. De plus, seuls 9 % des Haïtiens savent écrire correctement leur langue maternelle.

 
 
 


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