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« Je n'ai jamais eu de liaison avec Rutshelle », dixit Trouble Boy


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1 Décembre 2015

Ticket a rencontré pour vous le Trouble Boy du rap créole. L'un des hitmakers de cette année, tant avec sa musique qu'avec ses... "amours" Dans une grande entrevue réalisée avec l'artiste, il revient sur son parcours, son succès, sa vie et, bien sûr, sur l'affaire Rutshelle.



Photo Prise a Karibe Lancement de deux nouveaux produits de la Natcom. Credit: ChokarelLa
Photo Prise a Karibe Lancement de deux nouveaux produits de la Natcom. Credit: ChokarelLa
Vous serez étonnés du volume de paroles que peuvent déverser ces gens qui, de prime abord, se déclarent peu loquaces. J’en ai fait l’expérience au cours de ma rencontre avec Lordwensky Jolissaint dit Trouble Boy. « Je n’aime pas trop parler de moi. Il faudra me poser des questions, beaucoup de questions », m’avertitil dès les premières minutes de l’entrevue. Et pourtant… plus d’une heure après, nous sommes encore attablés autour d’un verre à Presse Café. Un tantinet réticent au début, l’artiste ne tarde pas à s’ouvrir. Il parle de ses débuts dans la musique, évoque son enfance compliquée ballottée de maison en maison, mentionne ses relations difficiles avec son père, son amour démesuré pour sa mère et ses tantes, Marie Nana en particulier. Bien sûr, il parle aussi de ses amours… de ses relations avec la chanteuse Rutshelle Guillaume, de cette fille qui l’a trompé et sur laquelle il trouve toujours l’occasion de « shooter » de temps en temps dans ses chansons… Et pour finir, il dit m’avoir connue dans ma jeunesse, me décrit ma meilleure amie et la voiture de mon ex au passage. Une rencontre assez intéressante, quoi !

Jeans, baskets et T­shirt simples, le jeune homme n’a pas vraiment le look des rappeurs qu’on imagine tapageur. On lui donnerait d’ailleurs bien moins que les 26 années qu’il fêtera le 19 décembre prochain. Quand d’un doigt décidé j’appuie sur le bouton rouge de mon recorder, l’ambassadeur des applications Keeng et Mocha de la compagnie de téléphonie Natcom est bien forcé d’enfin détourner son attention de son Smartphone. Dans un flot rapide, d’une voix basse et un peu hésitante au premier coup, il répond à mes questions. « J’aime quand les gens ont une mauvaise opinion de moi sans même me connaître. J’aime voir leur tête quand ils me rencontrent, découvrent que je suis quelqu’un de bien et qu’ils étaient carrément passés à côté de la plaque », lance­t­il tout de go d’une voix assurée. Ces deux phrases, le jeune homme les répétera d’ailleurs à plusieurs reprises au fil de notre rencontre. À un moment, je me crois même visée par cette « pointe » à peine dissimulée. Mais bien sûr, ce ne pourrait être le cas. Après tout, je n’avais aucune opinion de Trouble Boy… sinon celle que l’on se fait d’un artiste dont la première chanson officielle dénigre les femmes ! 

« Fanm sa yo tankou moto, w pase pye w ou monte yo »… Bien sûr, on doit être nombreux à se rappeler de ce refrain ô combien entraînant reprenant le beat de « Crank that » de l’artiste américain Soulja Boy. Le titre « Crank that moto » a fait connaître Trouble Boy au grand public. Le succès est immédiat. On est alors en 2011 et celui qu’on connaît maintenant sous le nom de Trouble Boy est simplement un jeune amateur de musique, plus précisément de rap, parmi tant d’autres. Il est luimême étonné de l’ampleur que prend cette chanson qu’il avait faite juste pour « trip ». « J’ai entendu la chanson ‘’Crank that moto’’ à la radio sans que je ne l’aie personnellement envoyée à une quelconque station. J’ai été tellement surpris, mais aussi si content », se rappelle­t­il.

En fait, même si le jeune Lordwensky avait toujours aimé la musique, il a tardé à prendre conscience qu’il avait un potentiel talent pour la chose et à décider de s’en servir. Sa mère, décédée en 2009, a voulu qu’il joue d’un instrument très tôt. Pour lui plaire, il s’est essayé au piano. Pas pour longtemps. « Ce n’était pas moi, j’ai préféré écrire des textes », confie celui qui dit vouloir être écrivain. C’est la mort de sa mère qui le pousse à totalement embrasser sa passion. « Je me suis dit qu’il était temps que je prenne cette affaire de musique au sérieux et que je m’y lance à fond. Je voyais bien que j’avais le talent, la passion et la détermination qu’il me fallait pour y réussir », explique­t­il. Cette décision ne plaît pas à tout le monde. Son père manifeste clairement son mécontentement. « Mon père ne veut carrément pas que je fasse de la musique. Il m’a posé un ultimatum. C’était soit je continue avec les études et que j’arrête avec la musique, soit je poursuivais mon rêve et lui arrêtait de payer. Et voilà ! Si jamais on trouve un terrain d’entente, je reprendrai avec les études », dit le jeune homme qui a terminé ses études classiques depuis quelques années déjà mais n’est pas allé à l’université. Pensera­t­il à financer ses études lui­même avec les rentrées de sa musique ? Cela dépendra sans doute de sa motivation et de son attachement aux études. En attendant, il refuse même de dire quelles filières l’intéressent. « Je n’aime pas parler de mes rêves, explique­t­il. Selon moi, les garder secrets est le meilleur moyen d’arriver à leur réalisation. » 

Né au Cap­Haïtien, Trouble Boy passe la majeure partie de sa vie à Pétion­Ville. Il habite avec sa mère, avec sa grand­mère, puis avec des cousines avant d’être rejoint par une tante. Il déménage tout de suite après pour habiter avec une autre tante, et ainsi se poursuit sa vie de nomade. De son père, il garde le souvenir d’une relation mouvementée. Vivant hors du pays, la dernière visite de ce dernier au bercail date de 2001. « Mon papa, je ne pense pas qu’il est normal », dit­il simplement, tentant d’expliquer les rapports distants existant entre lui et son géniteur. Tout ceci ne change en rien le caractère léger du jeune homme. Provocateur et jovial, il est aussi des émotifs qui passent des heures à pleurer après un film ou simplement une crise de jalousie. 

« Vwazin », le hit inespéré
Dans son œuvre, il aborde l’amour, les relations, des sujets de société et bien d’autres thèmes encore. Il tire son inspiration de son entourage, de ses propres expériences, ses problèmes et ses sentiments. Son premier album « Shut up epi tande », sorti le 16 juin 2012, est loin d’obtenir le succès de son premier titre. Après ce que plus d’un associe à un flop, le rappeur pense même à mettre de côté la musique pour reprendre le chemin de l’école. Puis vient « Vwazin » ! La chanson sort en mai 2015 et la vidéo la suit environ un mois plus tard. Mais selon le chanteur, ce morceau résulte de plusieurs mois de travail et de consultations auprès d’autres acteurs de l’industrie musicale. L’artiste balaie d’un revers de la main les accusations selon lesquelles la composition serait la copie d’une musique préexistante. « Sa a, vrèman, m ka goumen pou li. C’est de l’originalité originale ! », affirme­t­il, relatant les différentes modifications qui ont abouti à cette version finale qui plaît tant au grand public. Il conclut que ce ne sont là que les rumeurs véhiculées par des « haters ».

Trouble Boy et le scandale Rutshelle
« Je n’ai aucune liaison avec Rutshelle. Nous ne sommes jamais sortis ensemble, dans le sens français de l’expression », martèle­t­il. Le rappeur nie donc toute relation avec l’interprète de « Kite m kriye ». « Rutshelle se yon bèl fanm. Li byen kanpe. Je n’aurais eu aucune raison d’avoir honte ou d’avoir peur de dire que l’on avait eu une relation amoureuse si ça avait été le cas. Mais dommage… je l’aurais bien souhaité pourtant », ajoute­t­il dans un sourire. Trouble Boy soutient que ses relations avec la chanteuse sont restées purement professionnelles. « Elle a chanté sur mon album. On a deux photos ensemble, l’une prise le jour où elle est venue enregistrer sa chanson avec moi au studio ; et l’autre au gala de Natcom où l’on s’est croisés. Puis on a dû faire deux restos ensemble, bref rien qui puisse mener à croire que nous sommes sortis ensemble », dit le jeune homme qui n’a cessé de mentionner sa petite amie tout au cours de notre conversation. Pour ce qui est des rumeurs faisant croire qu’il parlerait de Rutshelle dans la chanson « Vwazin », l’artiste rappelle qu’il a travaillé pendant des mois sur la chanson, bien avant qu’il ne côtoie la jeune femme. « La chanson traite de mon histoire avec une de mes amies qui à l’époque me demandait des choses que je ne pouvais pas lui offrir. La personne se connaît et elle a d’ailleurs été très vexée que certains aient décidé d’attribuer la chanson à Rutshelle », précise­t­il.

Trouble Boy chaje fi nan lavi l !
Trouble Boy est un homme à femmes. Il ne tente même pas de contredire cette affirmation. Ce ne sont effectivement pas les femmes qui manquent dans la vie de l’artiste. Avec une petite amie attitrée, quatre sœurs, plusieurs tantes et une multitude d’amies, le rappeur avoue être toujours entouré de femmes, n’en déplaise à sa bien­aimée dont la jalousie est très poussée. Il dit respecter les femmes, bien qu’il lui arrive des fois de mentionner dans ses compositions les défauts au même titre que les qualités de certaines. « J’aime les femmes, lâche­t­il ma défunte mère, ma petite amie, mes tantes qui jusqu’à présent se battent pour que je les appelle maman, celle qui m’a élevé, mes amies qui ont toujours été là pour moi… Oh ça, on peut le dire : Trouble Boy chaje fanm nan lavi l ! »

Trouble Boys et Autotunes, un duo indissociable
De nos jours, il n’est plus nécessaire d’avoir une belle voix pour chanter. Trouble Boy tombe dans la catégorie de ces chanteurs qui n’ont pas la voix. Non, non, je ne calomnie pas l’artiste. Il le dit luimême : « J’ai des mots, mais pas une belle voix. » Dès lors, il fait de ces logiciels et effets qui améliorent le timbre de voix des artistes ses véritables alliés. « Ce n’est tout de même pas moi qui ai inventé Autotunes et je suis loin d’être le seul à m’en servir dans l’univers musical. D’ailleurs, très peu d’artistes comme Céline Dion, par exemple, peuvent se targuer de ne pas utiliser d’effets pour peaufiner le son que vont entendre leurs fans », dit­il, un brin d’arrogance dans le ton. Les auditeurs devraient­ils lui être reconnaissants de ne pas leur servi sa voix au naturel ? Peut­être pas. Alors, voyons Trouble, juste un essai. Ça ne doit pas être si mal que ça !

Trouble Boy bientôt dans les bacs
Trouble Boy a attendu bien plus de trois années pour penser à sortir un nouveau disque. On le comprend, après que « Shut up epi tande » n’a pas eu le succès escompté. Mais l’homme qui dit avoir entretemps mûri se propose d’offrir bientôt un nouveau produit à ses fans. L’album éponyme comprend 13 morceaux, annonce­t­il. Des collaborations avec Pouchon Duverger, Flav, Rutshelle Guillaume, entre autres, sur des sujets badins et d’autres bien plus profonds composent le deuxième album du rappeur. « Je voulais le sortir pour mon anniversaire, le 19 décembre, mais vu la conjoncture politique du pays, j’ai préféré retarder le lancement pour le début de l’année prochaine », précise l’artiste. Toutefois, après « Vwazin » qui a annoncé les couleurs du cd, Trouble Boy compte soumettre au cours de ce week­end le titre « Raz » à l’appréciation du public. Oui, il écrit. Et quand il est raz chez lui, sans électricité et sans moyen de divertissement, il fait une chanson ! Il ne sera pas le premier à aborder le thème. Mais on a bien hâte de voir comment il va s’y prendre, connaissant ses talents de ranseur invétéré.

Daphney Valsaint Malandre
daphneyvalsaint@ticketmag.com
Credit: Ticket Magazine (LeNouvelliste)


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