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Haïti/ Mode Skinny « JE SUIS SKINNY, DONC JE SUIS »


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22 Juin 2015

Depuis quelques temps, le skinny est apparu dans le pays. L’un des maillons de la question du swag, ce style vestimentaire est devenu la mode. En effet, ils sont nombreux les jeunes à courir après ce nouveau style qui, on dirait, confirme leur existence désormais.



Haïti/ Mode Skinny « JE SUIS SKINNY, DONC JE SUIS »

Il est des choses qui viennent et qui ne durent guère, mais dont le court passage attire toujours le plus grand nombre. Il est des choses qui changent comme changent et les jours et les heures…comme change le temps. Il est des choses attirantes, incitatrices…mais versatiles. Oui, il est des choses chaud-lapin qui vous séduisent au premier regard et vous rejettent plus tard. De ces choses : une. La mode. Ce qui nous rend à la mode aujourd’hui nous fera démoder demain, on le sait. En dépit de tout, l’on reste accroc à la mode.

De nos jours, en Haïti, les jeunes cherchent inlassablement du swag. À côté des multiples couleurs vives, les plus vives : le skinny. Le pays se « skinnyse » considérablement. Adultes, jeunes… presque tout le monde. À regarder le défilé des passants chaque jour, à regarder les élèves… de grâce, pardonnez à celui qui penserait que le pays a un embargo sur les tissus. Temps de la guerre contre les « chemises-parachutes », les « pantalons patte fanfan ». Culte du « kole sou kò ». Le skinny est la mode.

«  On est plus beau avec un skinny », nous a avoué un jeune qui a refusé qu’on mentionne son nom. Dans un pantalon skinny, selon lui, on ne saurait ne pas attirer l’attention des autres. Cela dit, beaucoup de jeunes se « skinnysent » dans l’ultime but de capter l’attention des autres. Qu’on objecte que l’on peut tout aussi bien attirer l’attention avec un pantalon « patte éléphant » ou avec un « pied tambour ». Evidemment ! L’on tournera en dérision une personne qui aurait porté de tels vêtements. De ce fait, les « skinny boys » chercheraient plutôt à gagner l’admiration des autres. Et d’ailleurs, « les filles adorent quand on est skinny », ajoute le jeune en souriant à ses pairs présents lors de l’interview. Dans les écoles secondaires, il semble que désormais, ce ne sont plus les élèves les plus brillants qui sont les plus connus ou appréciés. Les skinny boys sont les stars dans les écoles.

David Léandre est un jeune couturier qui vit à Bon-Repos, la Plaine. Il a commencé à coudre à Petit-Goâve depuis environ une dizaine d’années. On lui donne à « skinnyser » un pantalon ou une chemise fréquemment. Si autrefois on lui donnait des aunes de toiles pour confectionner les vêtements, aujourd’hui on lui donne que des fripes à rétrécir. «  Ils veulent à tout prix que tous leurs vêtements soient des skinnys, nous informe David, surtout quand ils ont à participer à un programme ». Le jeune couturier, qui voudrait lancer sa carrière dans la mode, s’étonne que «  mêmes les jeunes chrétiens suivent ce courant ».

Le phénomène skinny prend du champ chaque jour dans le pays. Les jeunes s’y plongent promptement. Ils veulent être acceptés par leurs pairs, trouver l’admiration des autres, et surtout ils ne voudraient pas être ridiculisés… ils veulent bien « paraitre ». Mais dans cette course au « Paraitre », quelle place accordent-t-ils à l’« Etre » ?

Ritzamarum Zetrenne



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