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Grossesse précoce – Un défi à l’épanouissement des femmes en Haiti


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25 Juin 2015



Sur près de 11 millions d’habitants, 30% est âgé entre 15 à 25 ans. Tandis que les moins de 20 ans représentent plus de la moitié de la population totale d’Haïti selon les dernières estimations de l’Institut haïtien de statistique d’informatique (IHSI). Le constat s’impose : les adolescents et les jeunes représentent un potentiel important pour le développement du pays. Cependant, faute d’encadrement et d’assistance sociale, la grossesse précoce fait rage surtout dans les coins les plus reculés du pays.  Elle se présente comme un défi majeur qui entrave  le développement personnel de milliers d’adolescentes et leurs familles et par ricochet,  l’avenir d’Haïti.

A Plaisance, une commune du département du Nord, les jeunes filles-mères sont très nombreuses. Fedlyne est aujourd’hui une jeune maman. Elle a eu sa fille à 17 ans. Elle était alors en 9e année fondamentale. Depuis, elle a dû abandonner l’école pour s’occuper de sa fille avec le support irrégulier  du père qui fait de petits boulots en République dominicaine. Aujourd’hui elle a 22 ans. Elle ressemble encore à une enfant. Physiquement et intellectuellement, elle n’a pas beaucoup évolué.

Selon une étude réalisée sur la mortalité, la morbidité et l’utilisation des services du ministère de la Santé publique et de la Population (EMMUS V, 2012), une adolescente, âgée entre 15 et 19 ans, sur sept a déjà commencé sa vie reproductive. Onze pour cent d’entre elles ont déjà eu au moins un enfant. En résumé, sur 1 000 filles âgées entre 15 à 19, soixante-six (66) ont eu au moins une grossesse précoce en Haïti. Et, ces faits concernent davantage les femmes en milieu rural. Selon les données de EMMUS V, les femmes des milieux ruraux donnent naissance, en moyenne, à 1.9 enfants de plus que celles qui vivent en milieu urbain.

Education-Grossesse précoce-Prostitution juvénile

Dans le livre blanc sur la condition féminine du ministère à la Condition féminine, la grossesse précoce est indexée comme un important facteur d’abandon scolaire chez les filles. Et les données montrent aussi que la fécondité est plus élevée chez les femmes peu éduquées. Les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont, en moyenne, 1,8 enfants de plus que celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus.

Pour le maire de Plaisance, Anthony Josaphat : pauvreté, grossesse précoce et prostitution juvénile, sont étroitement liées : « c’est l’incapacité des familles pauvres à nourrir leurs enfants qui poussent les jeunes filles vers une forme de prostitution maquillée »,  a-t-il déclaré.

Il a en outre estimé que les enfants issus de grossesse précoce constituent des proies faciles pour la traite des personnes vers la République dominicaine en raison des conditions vulnérables de leurs familles.

 



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