Connectez-vous S'inscrire
TapTapMag.com

Gabrielle Union : “Dwyane ne m’a pas choisi, Je me suis choisie”


Notez
8 Octobre 2016

Gabrielle Union, la fameuse actrice de la série à succès Being Mary Jane, est aujourd’hui mariée à l’un des plus grands basketteurs américains Dwyane Wade. Lors de son interview pour le site xoNecole, elle nous explique d’abord comment elle s’est choisie après son agression sexuelle, puis elle met en lumière les différents combats qu’elle a décidé de mener avec détermination, surtout pour les jeunes femmes.



Sur sa guérison après son agression sexuelle

Gabrielle Union : “Dwyane ne m’a pas choisi, Je me suis choisie”
« Ma mère m’a dit : « Je ne t’ai pas élevée pour rester silencieuse et ne pas faire entendre ta voix »
Après avoir été violée, la police est venue et ils m’ont immédiatement amenée à l’hôpital où j’ai été examinée. Je suis ensuite allée en cellule de crise pour les personnes victimes de viol. Le drame s’est produit au sein d’une communauté aisée où la police est très peu sollicitée et dont la cellule de crise pour les personnes violées ne manque pas de personnel. Du coup, j’ai bénéficié des meilleures conditions possibles pour guérir. J’ai eu un appui incroyable que tant d’entre nous n’ont pas. Mes parents et mes sœurs étaient là pour moi, mon petit ami était là pour moi. Etant donné que j’ai été agressée au travail, j’ai été accompagnée tout au long de la procédure pour que mon entreprise prenne ma thérapie en charge. Lorsque j’ai été admise à UCLA, j’ai été très bien suivie par leur service qui traite la santé mentale. J’avais toujours un filet de sécurité. Mon parcours dans ce genre de drame est très rare alors si l’expérience d’un homme ou d’une femme ne ressemble pas exactement à la mienne, c’est normal.

Le chemin qui mène à la guérison n’est pas le même pour tous. Si mon expérience te met mal à l’aise, c’est ok. Ça veut seulement dire qu’il faut qu’on trouve ensemble une manière de se sentir à l’abri et protégée. Nous les survivants, comparons souvent nos histoires :« Si je ne passe pas chez Oprah pour parler de ce traumatisme ou si je ne m’engage pas en tant que bénévole dans un centre pour personnes violées, ça veut dire que je m’y prends mal. Ou si je ne suis pas allée à la police, alors mon histoire n’est pas réelle ou importante. » Passer par le système judiciaire est une véritable épreuve physique, spirituelle, émotionnelle et financière. C’est le chemin que j’ai choisi d’emprunter mais je ne peux pas dire que je l’ai fait en mon âme et conscience car tout est arrivé très vite.

Sur la valeur des femmes noires

« On ne reconnaît pas la valeur des jeunes filles noires à leur apparence, mais à leurs accomplissements. »
Pour tellement d’entre nous, on court après ça et il ne s’agit pas seulement de filles qui n’ont pas grandi avec leur père. Mon père était présent tous les jours. Quand je me levais, il était là. Quand j’allais dormir, il était là. Il m’a dit des choses positives, mais mon père ne m’a jamais dit que j’étais jolie. Pour le cinéma et la télé : « Jolie percée dans le milieu, » pour le basket-ball : « Joli lancé, » pour l’école : « Tu es si intelligente… » Mais je n’ai jamais été complimenté pour mon apparence. Mes parents ont pensé que c’était le meilleur moyen de m’élever parce qu’on ne reconnaît pas la valeur de jeunes filles noires à leur apparence, mais à leurs accomplissements. Imaginez-moi dans une file d’attente de 3 heures, attendant l’occasion d’être choisie par 2Pac pour être réduite à l’état d’objet. Et ce scénario, je le vois tous les jours. Cette envie que quelqu’un confirme qu’on est beau ou belle se matérialise tout le temps à travers la télé-réalité, les réseaux sociaux, à l’école et même dans les grandes entreprises américaines.

Sur l’importance de définir sa propre sexualité

J’ai fait le choix de définir la sexualité différemment et toi aussi tu dois réfléchir à ce avec quoi tu es à l’aise ou non. Tout le monde n’est pas à l’aise avec le fait d’avoir de multiples partenaires ou des relations sexuelles sans être en couple et il n’y a pas de problèmes avec ça. Cela ne fait pas de toi une sainte ou une pécheresse. Si quelqu’un essaie de te dire ce qui est acceptable ou non lorsqu’il s’agit de sexe, c’est n’importe quoi. La dernière fois que j’ai vérifié, la seule personne à qui appartiennent mes parties intimes, c’est moi. Alors les opinions des autres sont sans garanties, nulles et non avenues. Pour la plupart d’entre nous, c’est difficile de garder cet état d’esprit. Je ne suis pas Mary Jane, mais quand je vois les choses horribles que les gens disent au sujet de mon personnage, c’est comme s’ils me crucifiaient. En termes de sexualité à Hollywood, tu dois faire ce qui te va.

Sur son mariage avec Dwyane

Quand les gens me disent : « Tu as de la chance que Dwyane Wade t’ait choisi ! » Je leur réponds :  « Non, je me suis choisie. »

Dès que je me suis choisie et que j’ai réalisé que mon meilleur atout, c’était moi, et non pas la personne qui me choisit, ça m’a libéré et ça m’a permis de m’aimer d’une façon qui me permette de mieux aimer les autres. Ce qui a permis à notre amour de finalement triompher après des années de relation on et off et de jeux de calculs dignes d’une partie d’échecs.

Il y a des personnes qui pensent que mon plus grand accomplissement est le fait de m’être mariée et je leur dis « Non, mon mariage n’est pas une réussite en soi. » Le fait que je me sois rendue à l’autel avec Dwyane Wade n’est pas un accomplissement. Obtenir mon diplôme de UCLA est un accomplissement, avoir survécu à un viol est un accomplissement, avoir été nommée par Barack Obama pour participer au Conseil National Contre les Violences faites aux Femmes, c’est un accomplissement. Me marier à cet homme n’est pas quelque chose que j’ai accompli. Le simple fait d’être choisie n’est pas une réussite.


Son conseil pour les jeunes femmes qui tentent de guérir et de retrouver un amour-propre après une agression sexuelle

Premièrement, tu dois te pardonner pour les doutes te concernant toi ou ta mémoire parce que tant de choses de ce drame sont intériorisées. Te pardonner de te sentir coupable ou honteuse pour quelque chose sur lequel tu n’avais pas du tout le contrôle. Parmi tes proches, beaucoup te diront « C’est ce qu’on obtient quand on est une fille facile » ou « Comment tu t’es comportée ? Que portais-tu ? Qu’est-ce que tu as dit ? » Parce que dans beaucoup de familles, identifier une personne malveillante qui nous ressemble, qui a été invitée dans nos foyers, est extrêmement difficile, douloureux et peut avoir pour effet de nous faire nous sentir très impuissantes. Il est difficile d’accepter que l’agression a bien eu lieu, ce qui peut conduire à occulter des souvenirs et rendre le chemin vers la guérison d’autant plus périlleux.




Publicité







Facebook

Publicité