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Champ de Mars, un véritable foyer sportif pour les vacanciers


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24 Juillet 2015

Au cours de ces vacances d’été, le Champ de Mars accueille tous les matins des milliers d’individus, de tous horizons et de toutes catégories sociales, pour la pratique du sport.



Champ de Mars, un véritable foyer sportif pour les vacanciers

À l’été, la journée commence très tôt pour certains résidents de la Capitale qui veulent rester en activité durant les vacances. Entre 5h et 6h a.m., filles et garçons, jeunes et vieux sont déjà sur pied, en tenue de sport, au Champ- de-Mars, pour se lancer dans des exercices physiques. Ils proviennent de tous les recoins de l’aire métropolitaine : Carrefour-feuilles, 1re et 2e Avenues, Nazon, Poste-Marchand, Turgeau.

Certains sont des employés qui s’adonnent à l’échauffement pour respirer quelques bonnes bouffées d’air et dégager le stress, avant d’aborder la journée harassante de travail. D’autres sont des athlètes qui travaillent à muscler davantage leurs abdominaux pour le concours d’admission à la PNH. Ce sont aussi des femmes obèses, qui viennent brûler leur graisse pour maintenir la forme. On compte des enfants qui se défoulent timidement. Pour le reste, c’est la vieille routine qui se poursuit.

Si les gens les plus aisés se retrouvent dans les luxueuses salles de sport à courir sur un tapis, pour ces jeunes qui n’ont pas de moyens pour se payer un abonnement en salle, « Champ de Mars, c’est là où se trouve l’ambiance » a déclaré Joël, un jeune de TurgeauEn effet, au Champ- de-Mars, il n’y a pas de frais, l’horaire est flexible et le sportif a plus de liberté. Ce site offre aussi la possibilité de pratiquer les activités en plein air comme : la marche, la course, l’aérobic, le football etc.

Faute d’infrastructures et d’équipements sportifs, tout ce que l’on croise sur les lieux est utilisé pour exécuter les mouvements : montée et descente des escaliers, ou sauts sur les bancs publics, lancement sur les balançoires, escalade entre les poteaux. La réjouissance est manifeste, on s’amuse, c’est le fou rire entre amis.

Cependant, l’espace n’est pas sécuritaire, car «  des voleurs piquent nos trucs », se plaint une demoiselle. De plus, les groupes entrent assez souvent en conflits, pour le partage du terrain de foot.

Il y a quelque deux semaines depuis que le ministère de la Jeunesse des Sports et de l’Action civique (MJSAC) est intervenu pour offrir au public des sessions organisées et animées. « Nous avons remarqué que les gens pratiquaient le sport de façon informelle, le Ministère a donc voulu organiser un sport qui soit plus structuré » rapporte  James Alex, moniteur sportif du MJSAC. Sans aucune formalité, les participants ont droit à une séance d’aérobic avec l’accompagnement d’un des huit moniteurs et sous le rythme de la musique diffusée par la caravane mise sur place par le Ministère. Cette initiative est très bien appréciée par les usagers.

La présence de cette marée humaine sur les places du Champ-de-Mars, traduit la soif ardente de sports et de loisirs chez les jeunes dans le pays où l’offre de services de sport est insuffisante. Quelles sont les actions du MJSAC dans la mise en œuvre de sa politique sportive ?  Quelle est la place du sport dans la politique des municipalités ? Combien de centres sportifs y a-t-il dans le pays ? Accorde-t-on des soutiens financiers aux associations sportives ? Qui encourage l’excellence sportive ?

Julien Sainvil, professeur de sociologie politique à l’UEH a bien compris que « le sport aide les jeunes à maintenir leurs corps en forme et à éviter les loisirs malsains comme la drogue, le sexe, la violence. Il permet aussi de tisser les liens sociaux entre toutes catégories de jeunes ». Présent aussi sur les lieux pour sa culture physique,  il souhaite que la démarche du MJSAC « soit une initiative beaucoup plus structurée, capable de créer des espaces où les jeunes d’Haïti parviennent à développer leurs corps, leur esprit, par le sport, le chant, la danse, pour la construction d’une jeunesse responsable comme dans un pays où tout le monde peut s’épanouir physiquement et mentalement. »

Par Lamy Obed



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