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À quand la reconstruction du Rex Théâtre ?


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17 Novembre 2016

Le Rex Théâtre, victime du séisme du 12 janvier 2010, n’est toujours pas reconstruit six ans après. Pour Bobby Denis, coordonnateur du comité de reconstruction, « ce n’est pas une priorité pour l’État central ».



À quand la reconstruction du Rex Théâtre ?

Joint par téléphone, Bobby Denis, coordonnateur du comité chargé de la réhabilitation et de la reconstruction des sites patrimoniaux dont la salle du Ciné Triomphe, précise pour le quotidien que « la reconstruction du Rex, acheté par l’État haïtien en 2009 sous le gouvernement de Préval et sévèrement détruit par le séisme de 2010, peine à décoller six ans après la catastrophe faute de financement». Un peu amer dans le ton, il affirme que la « reconstruction de ce lieu historique et patrimonial n’est pas une priorité pour l’État central qui n’y voit aucun intérêt ». M. Denis reste toutefois confiant que les fonds nécessaires seront décaissés pour entamer les travaux une fois que le pays retrouvera son calme et sa sérénité politique.

Une latrine publique dans l’aire du Champ de Mars

 On se souvient de ce site culturel (situé à la rue Capois dans l’aire du Champ de Mars) qui accueillait nos peintres, nos danseurschorégraphes, nos hommes de scène, nos écrivains et des troupes théâtrales à l’occasion des soirées de spectacle. En 1945, André Breton a formulé ses réflexions sur le surréalisme, ce courant littéraire du vingtième siècle. Le poète français a éveillé la conscience révolutionnaire de nos jeunes intellectuels de l’époque qui menaient la bataille contre la dictature rétrograde du président d’alors, Élie Lescot.

Aujourd’hui, ce monument historique qui faisait dans le temps, la gloire et le prestige de la ville de Port-au-Prince croule sous les ordures et s’est transformé en une véritable latrine publique où marchands de fritures et barbecue, revendeurs de minutes et motards défèquent sous l’oeil de tous.

Comme Port-au-Prince, ce lieu « patrimonial », baigne dans la crasse. Si la salle Triomphe, bâtisse chique logée à quelques mètres de l’hôtel Le Plaza et Paramount (autre monument historique), fait peau neuve, la construction du Rex n’a pas encore décollé. Dépotoir de déchets, flaques d’eaux sales où flottent des immondices. Dans la cour arrière, quelques personnes s’installent et y vivent tranquillement. Les enfants des rues, quand ils n’arpentent pas Port-au-Prince en quête d’un adoken, viennent ripailler derrière les tôles rouges défoncées.

La grogne des opérateurs culturels

L’insalubrité du Rex soulève la grogne des opérateurs culturels impliqués dans l’événementiel et l’organisation d’activités artistiques. Pour eux, l’abandon du site est un crime au niveau culturel et un affront énorme fait aux acteurs du milieu. « Rex Théâtre, lieu symbolique pour les créateurs et artistes haïtiens, n’est aucunement une priorité pour l’État haïtien. Quand on prive la jeunesse d’espaces d’expression, elle ne peut être actrice de son destin sans ce clou fondamental qu’est la culture qui englobe la danse, la musique, la peinture, l’artisanat et le théâtre », a fait remarquer Jean Widler Pierre- Saint, membre d’Akoustik Prod, organisateur principal de l’événement « Tambours Croisés » initié par, entre autres, le producteur français Thierry Nossin. « Il est temps, a-til déclaré, que l’État définisse une vraie politique culturelle en tenant compte de l’aspect économique de la question tout en capitalisant sur les métiers de l’art, tout en créant des salles de spectacles dignes et vivantes. »

Allenby Augustin, pour qui la question culturelle en Haïti est reléguée à l’arrière-plan, croit que la sauvegarde de la mémoire culturelle doit, en pleine crise économique, impliquer aujourd’hui la participation citoyenne active. « Il faut encourager l’entrepreneuriat culturel plutôt que d’attendre des pouvoirs publics impuissants ou indifférents. Il faut, tout en étant conscient des limites des fonds publics susciter un investissement novateur qui mettra en commun nos ressources financières, matérielles et humaines ». Ce qui rendra la culture « gratuite et démocratique », donc accessible à tous.

Rosny Ladouceur



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