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60 ans konpa: Ainsi va le Compas direct !


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27 Juillet 2015



60 ans konpa: Ainsi va le Compas direct !

Cette année, la musique populaire haïtienne, le compas direct, fête ses soixante ans d’existence. Mais cet anniversaire est passé presque sous silence, un silence d’ingratitude envers le maestro stratège, le saxophoniste Nemours Jean-Baptiste, créateur du rythme.

Si le promoteur Joubert Charles  était encore vivant, c’est certain qu’il ne laisserait pas passer cette occasion de célébrer les soixante ans du compas, comme il l’avait fait en 2005 pour les cinquante ans du rythme national.

En l’absence de l’État, il avait pris ses responsabilités envers tous ceux et toutes celles  qui exploitent le rythme de Nemours Jean-Baptiste pour organiser ce grand concert avec plusieurs groupes musicaux à l’Henfrasa.

Si aujourd’hui il y a un réveil qui se fait et qu’il y a une prise de conscience pour les soixante ans du compas, c’est grâce à Philippe Saint-Louis, Johnny Célicourt et l’équipe du Forum du mardi qui essayent de rendre un hommage mérité au créateur du rythme.

À Port-au-Prince, quelques radios ont diffusé durant le week-end d’anniversaire du compas des compositions de plusieurs groupes musicaux.

C’est ainsi que les radios Galaxie (104.5 FM), Visa (88.1FM) et Majik 9 (100.9 FM) avaient décidé de jouer seulement tous les genres du compas direct, du vendredi 24 au dimanche 26 juillet. Sur Majik 9, il y avait des débats autour de la question.

Plusieurs concernés en ont profité pour donner leurs opinions sur le rythme créé par le maestro Nemours Jean-Baptiste, il y a soixante  ans.

Selon Jude Jean, chanteur du groupe K-Dans, l’un des meilleurs de sa génération, il l y a de l’espoir quant à l’avenir de ce rythme musical, à condition, bien entendu, que tout le monde soit conscient qu’il y a des problèmes à identifier et des solutions  à trouver. Jude Jean souhaite que le compas ait au moins 90 %  d’heure d’antenne (Extrait de Ilovekonpa.com).

Pour Gazman Pierre (Gazman couleur, chanteur de Disip), le compas est un bel héritage que Nemours Jean-Baptiste nous a légué. « Tout mon souhait est de voir le compas aller plus loin. Que la relève soit bien assurée par nous comme Ritchie, Arly, Roberto Martino, Pouchon, Richard Cavé, Michael Guirand, T-Joe Zenny et moi… Les générations actuelles et futures raffolent du compas. Les propriétaires de radio, les animateurs doivent diffuser cette musique… » (Extrait de Ilovekonpa.com).

Écoutons les propos d’un grand musicien, arrangeur et compositeur, Nikol Lévy, pianiste de formation. IL  avait fondé le groupe Sakad à New York.

« Ma définition du konpa est la suivante : c’est le rythme qui fait danser les classes moyennes des villes. Nemours l’a créé sur des bases de chansons traditionnelles ; une génération l’a mélangé au Funk qui était triomphant jadis ; aujourd’hui il se rapproche de la pop, de l’électro… Mon souhait pour le konpa est que ses musiciens progressent, qu’ils soient bien formés, qu’ils proposent de la qualité. Ainsi ce rythme pourra laisser ses sentiers battus pour emprunter les autoroutes commerciales qui lui sont fermées à ce jour. » (Extrait de Ticket magazine).

Pour Lionel Benjamin, le compas a effacé les cent trois rythmes du folklore et la façon de jouer de la cymbale est l’œuvre de Smith Jean-Baptiste, batteur des Shleu-Shleu.

Il regrette que les jeunes groupes ne fassent pas appel à des arrangeurs pour finaliser leurs compositions. L’arrangeur a ses fonctions et son rôle dans la musique, explique Lionel Benjamin.

Au cours d’un débat sur le compas, Yolaine Rosenthal, épouse de Serge Rosenthal, maestro des Shleu-Shleu, avait fait remarquer que le compas direct est le rythme qui permet d’établir le dialogue corporel entre deux couples. Elle avait fait référence à notre façon de danser.

Et c’est dans ce contexte que Nemours Jean-Baptiste avait inventé son rythme, à en croire le maestro Jean Jean-Pierre.

Avant le compas direct, Nemours a essayé plusieurs rythmes pour finalement s’arrêter sur le compas, qui se joue en deux temps et qu’on peut danser dans un carré (un carreau). C’était facile et même trop facile !

Mais qui était Nemours Jean-Baptiste ?

Fils de Clément Jean-Baptiste et de Lucia Labissière, il est né le 2 février 1918 à la rue des Fronts-Forts, derrière l’ancienne cathédrale de Port-au-Prince.

Il a fait ses études primaires à l’institution Saint-Louis de Gonzague et secondaires au lycée Pétion.

Joueur de bandjo, il a appris le solfège au Centre d’accueil de Carrefour. Ensuite on le rencontre chez les frères Duroseau. C’est ainsi qu’il commence à jouer dans les groupes musicaux avant de former son propre groupe musical l’Ensemble aux calebasses, sous le gouvernement du président Paul Eugène Magloire en 1950.

En bon stratège, en marche avec le temps et l’évolution de la jeunesse d’alors, Nemours Jean-Baptiste rebaptise son groupe musical le 26 juillet 1955 sur la place Sainte-Anne de : Ensemble de Nemours Jean-Baptiste.

Et c’est pendant une répétition au Paladium de Carrefour, selon le guitariste du groupe, Raymond Gaspard, que le mot « compas direct » a été prononcé et c’est ainsi que le rythme a pris naissance.

Par Walcam



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