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1 Dollar pour 57 Gourdes: Commerçants et consommateurs aux abois


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28 Juillet 2015

La dépréciation progressive de la gourde par rapport au dollar américain affecte considérablement le fonctionnement des citoyens. Les prix de presque tous les produits de première nécessité sont revus à la hausse. Même certains services que la population pouvait trouver à prix dérisoire, subissent l’influence de l’augmentation du dollar. C’est le choc pour plus d’un !



À Bizoton, le samedi 25 juillet, un homme a voulu se faire cirer les bottes. Il est adventiste. Il devait aller prier en ce jour de sabbat. La routine veut que l’homme-adventiste ne négocie pas les services d’un cireur de bottes. Tout le monde connait la démarche. Après s’être fait cirer les chaussures, le quinquagénaire tire de sa poche une pièce de cinq gourdes et la tend au cireur. À la surprise de cet homme, le cireur de bottes lui a dit d’un air convaincu : « il en manque cinq mon ami ! ». Stupéfait, le monsieur lui a demandé : « depuis quand les souliers sont cirés à 10 gourdes ? ». Le cireur, quant à lui, n’a pas caché son ironie. « Vous n’êtes pas du pays, vous ? », répliquait-il.

Il a ajouté que d’ores et déjà, à travers toutes les rues de la capitale, les souliers sont cirés à dix gourdes et sur un ton ironique il ajoute que dans les villes comme les Cayes ou Jacmel aujourd’hui, les chaussures sont cirées à 15 gourdes ». Sans aucune forme de procès, l’homme a retiré de sa poche une autre pièce de cinq gourdes, la donne au cireur de bottes en poussant un soupire oh combien expressif. « Hum ! Finalement, nous sommes condamnés à mourir dans ce pays ! »

Tous les autres cireurs massés devant une institution scolaire située à Bizoton, un quartier de carrefour, pour ridiculiser l’homme, se mettent à rire. Ils n’ont pas manqué de pointer l’État haïtien du doigt qui, disent-ils, ne fait rien pour améliorer la condition de vie des citoyens. « C’est à l’État de vous dire ce qui se passe dans le pays », ont-ils conseillé à l’homme.

Dans la même zone, mais cette fois, un dimanche, une fille appelle un marchand qui promène et vend des sachets d’eau. Elle prend trois paquets et donne les cinq gourdes au détaillant. À sa grande surprise, ce dernier lui dit : « il vous en manque une. Ce n’est plus trois pour cinq gourdes. Il vous faut six gourdes », a réagi le jeune homme. La jeune femme a vite compris la situation. Etant donné qu’elle n’avait plus un sous en poche, elle a remis au détaillant un des trois sachets qu’elle a pris.

Les consommateurs se plaignent aussi de la montée vertigineuse des prix des biens et services, particulièrement, des produits de première nécessité. C’est le choc pour les gens de petites bourses. Ils refusent de payer le montant exigé par les commerçants et les fournisseurs qui, à leur tour, jouent aussi sur la défensive pour ne pas accuser un déficit. Face à tout client qui aurait voulu se lamenter de la hausse des prix, ils déclarent sur un ton ferme : « ce n’est pas ma faute si les prix montent ! Ce n’est pas moi l’ « État » !, protestent-ils, très excités. Cependant, On aurait cru que c’est contre leur volonté qu’ils ajoutent quelques gourdes sur les produits.

Ritzamarum ZÉTRENNE



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